mardi 9 juin 2009

Que deviennent les Palestiniens d'Israël?

Lorsqu’on vit en Cisjordanie et que l’on côtoie des Palestiniens subissant quotidiennement les conséquences de l’occupation israélienne (restriction de mouvement, confiscation de terres, etc.), on a tendance à oublier qu’il existe une minorité d’Arabes résidant en Israël pour qui la vie n’est pas toujours facile non plus. Du moins je l’avais oublié, jusqu’à récemment.

En 1948, lorsque l’Etat d’Israël a été créé, beaucoup de Palestiniens ont fui, délibérément ou de force. Certains ont été expulsés dans les pays arabes voisins (en particulier la Jordanie), certains se sont établis en Cisjordanie et à Gaza. Enfin, 25% d’entre eux ont trouvé refuge en Israël, loin de leur ville ou village d’origine.
De nos jours, les Arabes Israéliens, comme on les appelle également, représentent environ 20% de la population israélienne. La plupart sont musulmans, mais l’on trouve aussi parmi eux des chrétiens et des druzes. Tous sont citoyens d’Israël et jouissent des mêmes droits que les Israéliens de confession juive. En apparence du moins…
En effet, les discriminations, directes ou indirectes, à l’encontre des Arabes Israéliens ont toujours existé et semblent même s’être accentuées depuis la seconde Intifada (2000). Voici quelques exemples :

Tous les citoyens et citoyennes israéliens de 18 ans, hommes et femmes, doivent servir dans l’armée. En échange, ils bénéficient de nombreux avantages sociaux : transports gratuits, subvention pour les études ou lors de l’achat d’une maison, accès facilité à de nombreux emplois, etc. Cependant, bien que ce service militaire soit obligatoire pour tout un chacun, la grande majorité des Arabes (90%) ne sont jamais convoqués au recrutement. Il s’agit là d’une manœuvre intentionnelle de la part du Ministère de la Défense israélien, qui désire préserver le « caractère juif » de l’armée. Si celle-ci comporte toutefois une infime minorité de Palestiniens dans ses rangs, c’est que ces jeunes gens se sont engagés volontairement et n’ont curieusement pas été réformés.
Les Arabes Israéliens, ne pouvant bénéficier de tous les avantages réservés aux citoyens et citoyennes ayant accomplis leur service dans l’armée, sont donc indirectement discriminés en raison d’un système militaire qui ne les accueille pas volontiers.

Un autre exemple de discrimination, directe et institutionnelle cette fois, est celui de l’éducation : non seulement les élèves d’origine palestinienne ne fréquentent pas les mêmes écoles que les élèves juifs israéliens, mais les budgets alloués au système scolaire « arabe » est nettement inférieur. Le système de santé connaît le même problème. Ces différences sont principalement liées au manque de représentation des Palestiniens dans les gouvernements locaux ainsi qu’à la Knesset (parlement israélien).

Dans une moindre mesure, les Arabes israéliens connaissent également des problèmes similaires à ceux que rencontrent leurs compatriotes palestiniens dans les territoires occupés : violence policière, destructions de maison… En 2004, par exemple, les forces de police israéliennes ont démoli cinq maisons dans le village arabe de Bea’na en Galilée. Plus de 1000 policiers sont entrés dans le village avec des bulldozers et une trentaine de personnes ont été hospitalisées suite à l’explosion de gaz lacrymogène.

Ces actes de violence et discriminations à l’égard des Palestiniens d’Israël démontrent clairement que l’établissement d’un état juif israélien n’est envisageable qu’à travers la marginalisation de cette minorité arabe, en raison de leur origine ethnique et de leur religion.

Certes la situation est actuellement plus préoccupante en Cisjordanie et bien évidemment à Gaza, mais n’oublions pas cette minorité de Palestiniens vivant en Israël, dont certains droits élémentaires sont quotidiennement bafoués.

La mosquée d'Acre, au nord d'Haïfa en Israël. La vieille ville a gardé son caractère arabe et est peuplée essentiellement de Palestiniens

Les informations ci-dessus m’ont été transmises par Muhammad Zeidan, directeur de The Arab Association for Human Rights à Nazareth.

Pour plus d’informations : http://www.arabhra.org/

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