Quinze années bien chaotiques pour les commerçants hébronites
Nawwal a ouvert son magasin il y a trois ans. Tous les articles en vente dans le magasin (sacs, sacoches, housses de coussin, habits, couvertures) sont brodés à la main par quelques 120 femmes membres d’une coopérative. Elles sont originaires d’une dizaine de villages aux alentours d’Hébron et travaillent chez elles, pour la plupart. Leur situation en tant qu’artisanes est assez précaire puisqu’elle repose essentiellement sur le tourisme dans la vieille ville qui a passablement diminué depuis la seconde Intifada (2000).
La « crise économique et commerciale » du centre-ville remonte en fait à 1994. Le 25 février, le colon israélien Baruch Goldstein assassine 29 musulmans en pleine prière et en blesse des dizaines d’autres à la Mosquée d’Ibrahim à Hébron. Toute la zone autour de la mosquée est alors fermée pendant de longs mois et la présence des forces armées israéliennes dans le vieux souk augmente drastiquement, ce qui dissuade les consommateurs de se rendre dans cette partie de la ville, désormais sous haute surveillance. Cette situation dure environ un an, puis le commerce reprend vie, petit à petit. Hébron est traditionnellement réputée pour son artisanat : poterie, verre, broderie, fabrique de souliers. On y trouve également des marchés ainsi que de nombreux détaillants.
Nawwal a ouvert son magasin il y a trois ans. Tous les articles en vente dans le magasin (sacs, sacoches, housses de coussin, habits, couvertures) sont brodés à la main par quelques 120 femmes membres d’une coopérative. Elles sont originaires d’une dizaine de villages aux alentours d’Hébron et travaillent chez elles, pour la plupart. Leur situation en tant qu’artisanes est assez précaire puisqu’elle repose essentiellement sur le tourisme dans la vieille ville qui a passablement diminué depuis la seconde Intifada (2000).
La « crise économique et commerciale » du centre-ville remonte en fait à 1994. Le 25 février, le colon israélien Baruch Goldstein assassine 29 musulmans en pleine prière et en blesse des dizaines d’autres à la Mosquée d’Ibrahim à Hébron. Toute la zone autour de la mosquée est alors fermée pendant de longs mois et la présence des forces armées israéliennes dans le vieux souk augmente drastiquement, ce qui dissuade les consommateurs de se rendre dans cette partie de la ville, désormais sous haute surveillance. Cette situation dure environ un an, puis le commerce reprend vie, petit à petit. Hébron est traditionnellement réputée pour son artisanat : poterie, verre, broderie, fabrique de souliers. On y trouve également des marchés ainsi que de nombreux détaillants.
En 1997, la ville d’Hébron est divisée en deux, selon un protocole conforme aux accords d’Oslo de 1993 : H1 est désormais sous autorité palestinienne alors que H2, où se situent la plupart des rues commerçantes et le vieux souk, tombent sous le contrôle des forces armées israéliennes. Pendant trois ans, cette partition n’a que peu d’impact sur la vie économique et commerciale de la vieille ville, qui continue à se développer après une période difficile, suite au massacre de 1994.
En 1996, un décret présidentiel ordonne la création du Hebron Rehabilitation Committee, dont le principal objectif est de faire revivre la vieille ville d’Hébron économiquement, architecturalement, culturellement et socialement. Il est financé par de nombreux gouvernements européens, en particulier l’Espagne. En 1997, le comité entame la restauration d’un grand nombre de magasins afin d’encourager les consommateurs ayant déserté la vieille ville à y revenir. Cette entreprise est couronnée de succès et contribue largement à la reprise des activités commerciales au centre ville.
En 1996, un décret présidentiel ordonne la création du Hebron Rehabilitation Committee, dont le principal objectif est de faire revivre la vieille ville d’Hébron économiquement, architecturalement, culturellement et socialement. Il est financé par de nombreux gouvernements européens, en particulier l’Espagne. En 1997, le comité entame la restauration d’un grand nombre de magasins afin d’encourager les consommateurs ayant déserté la vieille ville à y revenir. Cette entreprise est couronnée de succès et contribue largement à la reprise des activités commerciales au centre ville.
Malheureusement, la seconde Intifada qui éclate en l’an 2000 porte à nouveau un coup fatal à la vie économique et commerciale d’Hébron. Un couvre-feu est imposé pendant trois ans (2000-2003) dans toute la partie de la ville occupée par l’armée israélienne. Un grand nombre de Palestiniens, habitants et commerçants, quittent la vieille ville. Certaines rues, autrefois grouillantes d’activité, sont désormais complètement vides, à tel point que l’on se croirait dans une ville fantôme. Les conséquences de cette seconde Intifada sur la vie économique et commerciale d’Hébron sont désastreuses : entre 2000 et 2008, 512 magasins ont fermé sur ordre militaire et 1114 autres ont fermé en raison du manque de clients. Au total, 77% des commerces ont disparu en l’espace de 8 ans.
Cependant, la situation s’améliore de jour en jour, notamment grâce aux efforts du Hebron Rehabilitation Committee, qui mène différents projets en faveur des commerçants : pendant Ramadan, par exemple, HRC finance la fabrication de pain et de friandises. Il est également à l’origine du projet visant à repeindre les portes des magasins en rose et mauve afin de redonner vie aux rues commerçantes. Le contraste est impressionnant ! Enfin, le comité octroie des aides financières et des réductions de taxes à certains commerces.
Old Shalallah Street, le 10 avril 2009...

Old Shalallah Street, le 2 mai 2009!
La peinture des portes de magasins est l'un des principaux projets menés par HRC dans la vieille ville.
Bien entendu, toutes ces initiatives ne permettent pas aux commerçants de vivre confortablement de leurs revenus, ni n’empêcheront l’armée israélienne de mener à nouveau une incursion dans le magasin de Nawwal ou des colons d’inscrire vulgairement « Kill the Arabs » sur la porte. Tel est le quotidien des commerçants exerçant leur activité dans une ville occupée…
Pour plus d’informations sur les projets du Hebron Rehabilitation Committee : http://www.hebronrc.org/

